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1 an de Doctorat !

1 an de Doctorat ! - Image d'illustration

Nous fêtons aujourd'hui le premier anniversaire de la proclamation de Newman comme Docteur de l'Église. À cette occasion, nous avons sélectionné un texte tiré d'une allocution adressée à des étudiants en novembre 1858. C'était il y a plus de 150 ans, pourtant ce que dit Newman sonne parfaitement juste : 

« Tant que nous n’avons pas dûment exercé notre esprit, c’est notre défaut à tous d’avoir des opinions fausses et des jugements sommaires, et de nous laisser emporter par des idées creuses, au lieu de prendre la peine d’acquérir de solides connaissances. En conséquence de quoi, lorsque nous entendons exprimer des opinions sur quelque sujet nouveau, nous n’avons pas de règle pour nous aider à les soupeser, nous ne savons comment les prendre ; nous les tournons en tous sens comme si nous allions nous prononcer à leur sujet, si nous le pouvions, mais sans en avoir le moyen. C’est la même chose lorsque nous essayons d’en parler : nous nous lançons au hasard ; ou nous reprenons l’opinion de quelqu’un d’autre qui nous a plu ; ou peut-être, en nous exprimant de la façon la plus vague possible, nous nous estimons satisfaits si nous pouvons seulement composer quelques phrases bien tournées, faire quelques remarques bien senties sur un autre sujet ou introduire quelque image, ou fleur de rhétorique qui au lieu d’être le véhicule du sens n’en sont que ce qui en tient lieu. Nous souhaitons prendre part à la politique et la seule voie qui nous soit ouverte c’est de suivre une personne, ou un parti, et d’apprendre les lieux communs et les slogans qui s’y attachent. Nous entendons parler d’intérêts fonciers, d’intérêts commerciaux, de négoce, des classes supérieures et inférieures, de leurs droits, devoirs et prérogatives ; et nous essayons de transmettre ce que nous avons reçu ; mais bientôt notre esprit se trouve encombré et embrouillé par l’accumulation d’idées que nous n’avons pas maîtrisées et ne pouvons utiliser. […]

Réfléchissez, Messieurs, au nombre de discussions interminables que vous avez dû entendre où aucun des interlocuteurs ne comprenait ni son adversaire ni lui-même. Voyez les aléas d’une discussion lors de débats organisés et le besoin qu’il y a souvent, non seulement d’un esprit clair pour démêler l’enchevêtrement des idées, mais de la capacité des adversaires à rendre justice aux explications les plus claires qui leur sont proposées ; faute de quoi l’arbitrage éclairé ne fera peut-être que susciter d’autres querelles sans issue. […]

Vous avez commencé à former votre esprit avec foi et piété ; et puis vous venez vers nous pour ajouter l’éducation de l’intelligence à l’éducation du cœur. Continuez comme vous avez commencé et vous serez l’une des plus belles réussites de notre grande entreprise. Vous pourrez être aux yeux de tous la preuve que la soif du savoir peut s’accommoder du poids d’une profession séculière ; que l’intelligence ne rend pas forcément fainéant, ni la curiosité d’esprit irrespectueux ; que la perspicacité et l’agilité intellectuelle ne sont pas incompatibles avec une foi solide dans les mystères de la Révélation ; que des connaissances littéraires et scientifiques ne rendent pas toujours les gens vaniteux, prétentieux, inquiets ou obstinés. Vous pourrez être aux yeux de tous la preuve de la capacité du catholicisme à faire de la population des grandes villes des chrétiens exemplaires et éclairés. […]

Quant à moi, j’aimerais pouvoir répondre personnellement à votre zèle par un service et un travail effectifs comme l’ont fait et le font toujours tant de mes chers et excellents amis les professeurs de l’université. Ils ont, Messieurs, un mérite, un droit à votre reconnaissance auquel je ne saurais prétendre. Si j’admire l’énergie et le courage avec lesquels vous avez entrepris ce travail d’éducation personnelle, soyez sûrs que je n’oublie pas plus que vous leur amour du bien public et leur noble et libre dévouement à l’université. Je sais que tout éloge de cette extension de notre organisation universitaire qui n’inclurait pas ceux qui le font vivre ne vous satisferait pas. C’est un spectacle aussi agréable qu’encourageant de voir les deux parties, enseignants et enseignés, coopérer ainsi volontairement dans le plus pur esprit de corps, eux tout autant que vous dans vos limites, en vue d’un grand dessein […].

Extrait de « Discipline de l’esprit », allocution adressée aux étudiants des cours du soir, novembre 1858.